PRIMEURS


En toute franchise : Entrevue avec Aïcha

LA DANSE, C’EST QUOI POUR VOUS ?

Sébastien, mon fils, et moi, dansant...
Sébastien, mon fils,
et moi, dansant...

La danse, c’est la vie et je m’efforce de la transmettre...
Comme j’ai bercé mes propres enfants, et maintenant mes petits-enfants, au son de musiques que j’adore !
C’est un moment de rapprochement...
Aicha et son frère Je me souviens de la fierté éprouvée, quand mon petit frère de 14 ans me conduisait dans un chacha, au mariage de notre sœur, par exemple, alors que j’étais enceinte de ma fille...


Sébastien avec son papi
Sébastien avec son papi
Ou de mon papa berçant mon fils aîné, alors âgé de 3 mois, sur un foxtrot.
D'aussi loin que je me souvienne, la danse a fait partie de notre mode de vie.

VOUS DANSEZ DEPUIS COMBIEN DE TEMPS ?

Mon père et moi
Mon père et moi

Lorsque j'étais bébé, mon père, me prenait dans ses bras pendant que maman faisait la vaisselle.
Il dansait avec moi.C’était un homme qui avait un sens de la musique très aiguisé.
Je suis convaincue que ces soirées ont contribué à me donner “l'oreille musicale” que je possède et pour laquelle de nombreux musiciens m’ont félicitée après un spectacle.
Enceinte de 7 mois avec mon père
Enceinte de 7 mois avec mon père
La danse a toujours fait partie de notre famille.

Dès mon adolescente, l’activité familiale a été la danse sociale.
Alors, j'ai donc suivi le même chemin que ma famille.
Pour ma part, j'ai fait tout mon niveau bronze, quelques pas d'argent et un peu de compétition.

À tous les samedis soirs, nous allions danser en famille.
Même une fois mariée, même enceite, j’ai continué.
J’adorais me laisser entraîner par mon père. Il était tellement bon.
Mes parents à leur première compétition
Mes parents à leur première compétition
Je suivais la carrière de mes parents, les compétitions de ma sœur et de mon frère.

J’étais là quand des prix étaient gagnés.
Je les enviais car j’aurais voulu être à leur place, seulement je ne rencontrais pas d’homme intéressé par la danse.

On passe donc beaucoup de temps à chercher un copain qui partage notre passion.

Il est souvent très difficile à trouver.

COMMENT AVEZ-VOUS DÉCOUVERT LA DANSE ORIENTALE ?

Nagwa
Nagwa

Jeune adulte, j'ai décidé de me tourner vers la danse solo. J'ai fait un peu de ballet-jazz, puis de la danse à claquettes.

Lors d'un spectacle multidisciplinaire, j'ai vu, pour la première fois, un numéro de danse orientale (baladi).
J'ai complètement été subjuguée. J'en ai eu la chair de poule. J'avais enfin trouvé la danse qui correspondait le mieux à ma personnalité.
C'était en 1989, je me suis inscrite à la session suivante. Pendant 8 ans, j'ai suivi tous les cours qu’offrait Nagwa (Diane Ruel) et des cours privés.

J'ai ensuite fondé ma propre école et j'ai continué ma formation en suivant des ateliers périodiquement.

Je suis toujours en contact avec Nagwa qui est un merveilleux professeur honnête et intègre.

L'INCOMPÉTENCE VOUS CONTRARIE ?

Bill et Bobbie Irvine, champions du monde !
Bill et Bobbie Irvine,
champions du monde !

J’en ai vu des spectacles de danse et des champions! J’ai admiré les champions du MONDE, Bob et Billie Irvine, 13 fois invaincus en Professionnel Latin TOUT COMME en Professionnel Moderne. Du jamais vu!
J'ai été élevée dans le monde de la compétition.Le meilleur et la compétence font partie de ma vie.
Il est facile pour moi de jauger rapidement un danseur.

À l'inverse, j'éprouve une grande peine lorsque je vois des danseuses courir après la dernière vedette de l’heure. Est-elle compétente dans son enseignement ? Pas toujours mais elle est à la mode...

Lors d'un dernier atelier, on nous a fait danser sur Sarah Brightman, entre autres.Lorsque nous sommes allées nous plaindre que nous désirions de la musique orientale, on nous a dit d'ouvrir notre esprit! J'étais estomaquée!

Le derbouka, cet instrument présent dans tous les orchestres orientaux, représente l'âme de cette musique.

Danser sur une musique dépourvue de derbouka est pour moi, une aberration.

AVEZ-VOUS PEUR DE LA NOUVEAUTÉ ?

Ailes d’Isis
Ailes d’Isis

Je n'ai pas peur de la nouveauté puisque j‘aime bien l'originalité.

Mais je ne suis pas pour la nouveauté à tout prix.
Il y a des danseuses qui sont vraiment prêtes à tout pour réinventer la danse orientale.
Et il y a tous ces accessoires qui ne viennent pas d’Égypte, mais dont les élèves raffolent.

La fonction première d’une danseuse, c’est de danser!
À quoi sert le maniement savant d’un accessoire, si la danseuse demeure rivée au plancher ?

On ne peut pas faire n'importe quoi sur n'importe quelle musique, non plus.
Le guide d'une danseuse a l'immense tâche d'éduquer son élève, de la mettre au courant de la tradition, de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas et pourquoi.

C'est une énorme responsabilité qu'ont les professeurs.
Comme disait l'un des maîtres de la danse orientale au Québec, madame Gamila Asfour, « Que les filles lâchent donc leurs accessoires et qu'elles dansent enfin! »

POUR ENSEIGNER, VOUS NE CROYEZ PAS AU TALENT SEUL ?

YOUSRY SHARIF
YOUSRY SHARIF

NON! Le talent n'est pas tout. Aucun des grands danseurs, de calibre international, et ce, dans toutes les disciplines, n'est parvenu au faîte de la gloire sans technique. Quand on regarde leur c.v., on constate rapidement qu'ils ont tous reçu une solide formation technique.

Une magnifique danseuse n’aura pas nécessairement le talent de savoir transmettre son savoir.
Je suis Québécoise... pourtant je suis incapable d’enseigner correctement la gigue. Je n’en connais nullement la technique.

L’enseignement, dépourvu de technique, fera prendre de mauvais plis aux élèves ou causera des blessures.
Voulant poursuivre une solide formation et passant dans une école sérieuse, elles trouveront difficile de désapprendre et risquent de se décourager et d’abandonner.
Ça n'est pas en faisant n’importe quoi, sur une musique aux vagues relents orientaux que nous allons ennoblir la danse orientale.

trop souvent victime de clichés à connotation sexuelle La danse orientale, trop souvent victime de clichés à connotation sexuelle, ne l'est pas pour rien.

Pour engendrer de telles réactions, il a fallu que des danseuses présentent leur numéro d'une façon vulgaire et sans aucun respect pour la danse elle-même.
Et ceci veut tout simplement dire qu'elles l'ont appris comme ça. On revient donc au professeur qui a l’immense responsabilité de préserver l'essence, tout comme l'origine, de la danse orientale.

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