Le langage du coeur…

La danse orientale (danse du ventre, baladi) vient d’Égypte mais les rythmes arrivent de Turquie.  C’est pourquoi mon époux, notre fils Victor et moi, sommes allés souvent dans ce magnifique pays.

Un jour que nous marchions ensemble, à flanc de montagne, dans un village turc, nous avons entendu des cris en contrebas.

Dans le champ, une paysanne du pays nous faisait un sourire et nous envoyait la main.

En chœur, nous lui avons lancé un « Iyi günler » (bonne journée, utilisé comme bonjour).  Surprise de constater que nous baragouinions sa langue, elle nous a fait signe de la rejoindre.

Comme nous avons toujours voyagé en-dehors des circuits touristiques, nous étions toujours prêts à vivre une nouvelle aventure.  En deux temps, trois mouvements, nous étions à ses côtés.

Avec un énorme sourire, elle s’est mise à parler à toute vitesse et nous ne comprenions pas un traître mot de ce qu’elle nous disait.  J’ai répondu : « Yavaş, yavaş… » (doucement, doucement).

Elle m’a prise par le bras et m’a entraînée vers une petite cabane.  Amusée, je l’ai suivie.  Mon époux et mon fils, nous emboîtèrent le pas.

Nous sommes entrés dans cette petite bicoque.  Aussi rapidement qu’un claquement de doigts, j’ai vu apparaître une table, qui était rangée sous un lit, qu’elle a dressée et nous a servi du miel, du yaourt, du fromage et une miche de pain.

Nous nous sommes attablés et nous avons dégusté.  Sans comprendre de quelle façon les gens avaient communiqué entre eux, la maison s’est remplie de modestes paysannes, tout sourire. Tout ce monde parlait et riait en même temps.

À l’aide de notre dictionnaire et avec force gestes, nous avons fini par comprendre que le miel venait des abeilles de son beau-père et que la miche de pain avait été faite le matin même par ses soins.

Quand nous avons terminé la dégustation, elle nous a sorti sa vache de l’étable afin de nous présenter la bête qui avait fourni son lait pour la fabrication du yaourt et du fromage.  Dois-je préciser que tout était FABULEUSEMENT BON?

Ce qui m’a le plus étonnée ce jour-là, c’est de constater que tout s’était passé avec tellement de chaleur, tellement de joie et d’amitié que nous n’avions même pas eu besoin de traduire ces mots qui dépassaient notre compréhension.  Nous étions comme des amis et nous parlions le langage du cœur.

N’ayant de cesse de me rappeler cet accueil si chaleureux, j’essaie de tout mettre en œuvre afin que chaque élève ressente cette chaleur humaine quand elle entre dans l’Académie.  Aïcha 🙂

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