Vaincre la violence conjugale…

Tête basse

J’avais une élève que j’aimais bien.  Elle se débrouillait bien avec les pas et mouvements que j’enseignais mais je la sentais très timide, sans grande confiance.

Un jour, je l’ai gardée afin de l’aider à surmonter un pas bien précis,  qui devenait sa bête noire.

Irrémédiablement, je la faisais recommencer et recommencer son déplacement.

Je l’avais placée devant le miroir et je répétais : « Regarde-toi…  Regarde-toi… »

À tous les coups, elle finissait par baisser la tête et fixer le plancher de ses yeux.  Dès que je voyais son menton pencher vers le bas, je lui disais immanquablement : « Recommence! »

Je la replaçais à son point de départ, je lui relevais la tête et je renouvelais ma demande :

« Avance vers ton image.  Regarde-toi.  Allez! »

Victoire

Au bout d’une bonne demi-heure, tout d’un coup, le miracle s’est produit.  Elle a respiré un grand coup, elle s’est plantée devant le miroir et je l’ai vue se redresser fièrement.

Alors, elle s’est mise à avancer, tout en se fixant des yeux, avec le port de tête d’une reine.

Elle s’est écriée, tout heureuse : « Je l’ai!  Je sens que je l’ai! »

Et, effectivement, elle m’a fait un beau sans faute!

Enfin libérée !

Quelques semaines, plus tard, elle m’annonçait qu’elle était victime de violence conjugale depuis des années et qu’elle venait de quitter son mari!  La pratique que nous avions eue ensemble lui avait démontré qu’elle avait le courage nécessaire pour foncer.

Je n’en revenais pas…

Plus qu’un simple exercice

Après toutes ces années, il m’arrive toujours de recevoir quelques confidences de ce genre et de constater une amélioration tangible chez ces élèves.  La danse orientale (baladi) ne nous fait pas faire QUE de l’exercice physique, elle perfectionne notre personnalité.

Et le plus  beau cadeau qu’une élève puisse me faire c’est de développer une complicité, qui n’a pas de prix, en me faisant confiance.  Amitiés, Aïcha 🙂

Les maudits miroirs !

Une image négative de soi-même…

Plusieurs étudiantes m’ont confiée ne pas être à l’aise avec les miroirs…

Je sais, je sais…  Ils renvoient l’image négative que vous avez de vous-même.

Avez-vous déjà pensé que cette négativité n’est que dans votre cerveau ?

Saviez-vous que les plus beaux mannequins du monde ont aussi des complexes ?

Mes meilleurs amis !

Je me sers de miroirs car ils sont devenus mes meilleurs amis.

Ce sont eux qui me révèlent que mon bras n’est pas à la bonne hauteur…  Que mon pied est mal pointé…  Que je me tiens sur les talons, donc penchée vers l’arrière…

Il faut absolument changer cette relation malsaine avec notre miroir et vous rappeler qu’il deviendra votre allié dans l’apprentissage de la confiance en vous et de la réappropriation de votre corps ainsi que de votre féminité.

Allez!  Tout le monde en place!  Devant nos miroirs!  Et bon apprentissage !  Aïcha 🙂

Complicité et non-jugement

Pour faire prendre conscience à une élève de son pouvoir et de sa toute nouvelle confiance en soi, rien ne vaut une belle complicité avec son professeur.

En effet, ce n’est qu’à la condition de ne pas se sentir jugée,  d’éprouver une sensation de sécurité, de sentir l’approbation de son prof, que l’on augmente son assurance en dansant.

Pour moi, il  est vraiment important de développer cette connivence et cette entente profonde avec mon élève.

Je sais que cela peut demander du temps à certaines d’entre elles car, souvent le passé de la personne joue un rôle dans la rapidité à éprouver cette sensation de bien-être ou pas…  Et il faut se donner ce temps. C’est primordial.

Mais, je suis là pour mes élèves et elles le savent.   Bonne journée, Aïcha 🙂