HISTOIRE DU BALADI – FIFI ABDOU

Fifi Abdou est née près du Caire d’un papa policier et d’une maman s’occupant déjà de 11 enfants.

Très jeune, elle admire Tahia Carioca et Samia Gamal dont elle imite leurs danses du ventre.

À l’âge de 12 ans, elle quitte sa famille et s’incorpore dans une troupe de danses folkloriques.  Ses parents se résignent et la laissent également travailler comme mannequin.

Dès l’âge de 13 ans, Fifi Abdou devient soliste dans la troupe.  Elle sera engagée par le cabaret Arizona au Caire puis au Méridien, au Mena House et au Gezira Sharaton.  Elle est réputée pour ses numéros de danse orientale durant parfois jusqu’à 2 heures.

Elle aussi jouera dans plusieurs films mais aussi dans des feuilletons télévisés très populaires.

Fifi Abdou a été fortement critiquée par certains Égyptiens car son style de danse était vu comme contraire aux principes de l’Islam.

D’ailleurs, elle a souvent eu à se présenter devant les tribunaux. En 1991, elle est jugée coupable de « mouvements dépravés » par le tribunal du Caire et condamnée à trois mois de prison.

Fifi Abdou se marie cinq fois et élève trois filles. Liée d’amitié avec son idole Tahia Carioca, elle adopte sa fille à la mort de cette dernière. Elle serait une des femmes les plus riches d’Égypte et soutient par ses dons des associations pour les pauvres du Caire.

Fifi Abdou n’a jamais pris de cours de danse et dit avoir une inspiration innée pour tous ses mouvements.

Cela lui vaut des critiques à propos de sa techniques et de son répertoire limité de mouvements.

Fifi Abdou danse toujours en improvisant, principalement avec des mouvements forts de bassin et de ventre très contrôlés.

Bonne journée à vous tous!  Aïcha 🙂

L’adorateur d’araignées

LE CONTRAT

Nous avions été mandatées par notre professeur, Nagwa, pour danser divers numéros de baladi, lors d’une fête spéciale dans un restaurant libanais où je n’avais encore jamais mis les pieds.

Lorsque, la troupe de danse orientale de Nagwa et moi-même, arrivâmes au local, des odeurs alléchantes vinrent caresser nos narines.  J’avais déjà hâte de manger après notre prestation, le repas étant automatiquement inclus dans notre cachet.

Mon professeur nous fit signe de transporter nos housses de costumes et de la suivre.

Elle nous montra le bureau du directeur et nous nous installâmes.

Il y avait plusieurs chaises que nous utilisâmes comme porte-manteaux.

Nagwa vint nous annoncer qu’il fallait désormais nous préparer, le spectacle de danse du ventre tant attendu, débutait dans une quinzaine de minutes.

L’HORREUR…

J’étais à ajuster la ceinture de mon costume lorsque je perçus, du coin de l’œil, un mouvement sur le mur.  Intriguée, je relevai la tête et ne pus réprimer un cri.  Il y avait une monstrueuse araignée qui se déplaçait à vive allure.

Les filles de la troupe et moi remarquâmes alors, horrifiées, que la pièce était emplie d’araignées vivantes, de toutes sortes, de toutes formes et de toutes couleurs.

Les poils de mon corps s’hérissèrent instantanément.  Je courus chercher mon professeur et lui annonçai la nouvelle en essayant de dissimuler la panique qui me gagnait.

Elle m’écouta patiemment et se mit à sourire…  Elle me répondit : « Ah ça…  Arrêtez de vous énerver.  Les araignées sont là pour rester.  Ali les adore car le venin de certaines d’entre elles est utilisé en médecine pour sauver des vies.  Dès qu’il a eu connaissance de ce fait, il a décrété que les araignées seraient idolâtrées dans son restaurant.  Faites-vous à l’idée, il y en a partout, partout… »

J’étais abasourdie !  Nous avons fait nos numéros mais nous manquions de concentration…

Inutile de vous dire que nous passâmes de longues minutes à secouer nos housses après notre spectacle afin d’être certaines ne pas ramener d’invitée indésirable dans nos bagages et que toutes, nous refusâmes de manger dans cet endroit.

La morale dans cette histoire est qu’en danse, et surtout en spectacle, il n’y a jamais de routine !

Passez une excellente journée ! Aïcha 🙂

SAVEURS ORIENTALES : Le fatayer aux épinards (LIBAN)

Depuis plus de 30 ans que je pratique la danse orientale (baladi), j’ai eu à côtoyer des Égyptiens, des Libanais et surtout, des Turcs, je mange énormément de leurs plats fabuleux et savoureux.  L’idée m’est donc venue de vous présenter des recettes qui, chez moi, font partie de ma vie courante car trop bonnes pour s’en passer…

Cette semaine, je vous présente le fatayer aux épinards, présenté parmi les mezzés (entrées) de tous les restaurants libanais de Montréal.

INGRÉDIENTS :

Farce des épinards :

  • 1 kilos d’épinard nettoyé, lavé, coupé et égoutté
  • 2 oignons moyens coupés en petits cubes
  • ¼ tasse d’huile d’olive
  • Le jus de 2 ou 3 citrons
  • 1 cuil. à café de poivre noir
  • 1 cuil. à café de sel
  • 1 cuil. à café de sumac (facultatif)

Pâte :

  • 2 ½ tasses de farine
  • 1/3 tasse d’huile (d’olive)
  • ½ tasse de semoule fine ou dure
  • 2 cuil. à soupe de lait en poudre
  • 2 cuil. à soupe de vinaigre blanc
  • 1 cuil. à café de sel
  • 1 cuil. à café de sucre

PRÉPARATION :

La veille, mélangez ensemble les oignons, les épinards, le sumac, le sel, le poivre noir, l’huile d’olive, et le jus de citron ;

Le lendemain, mélangez cette farce et mettez-la dans une passoire ;

Mettez la farine, la semoule, le sel, le sucre, le lait en poudre, l’huile, le vinaigre blanc et de l’eau tiède dans un robot de cuisine ou à la main et pétrissez jusqu’à obtention d’une pâte assez souple qui se détache des parois du récipient et se ramasse en boule ;

Mettez la pâte dans une jatte, enduisez la pâte d’un peu d’huile à la surface, recouvrez-la d’un film alimentaire et d’un linge propre ;

Laissez-la reposer pendant une heure ;

Abaissez la pâte et découpez-la en petits triangles;

Déposez  1 grande cuillère de la farce d’épinards au centre de chaque triangle et soulevez les 3 extrémités, rabattez-les vers l’intérieur de façon à enfermer complètement la farce et former un triangle puis pincer les bords pour bien les souder.

Disposez les fatayers sur une plaque légèrement graissée allant au four et faites cuire à four modéré à 1800C /350F jusqu’à ce que leur base soit cuite et que leur surface soit dorée.Servir tiède et ne pas hésiter à arroser de jus de citron. TELLEMENT BON !

BON APPÉTIT ET BONNE SEMAINE ! Aïcha 🙂

UN VOYAGE EN TURQUIE : Une bombe vient d’éclater !

Suite de notre premier voyage en Turquie, accompagnés d’élèves de l’Académie de Danse Orientale de Québec.

DÉBUT DE L’EXPLORATION

Lundi, 14 août : nous partons tous pour le Grand Bazar d’Istanbul.  Louis et moi avions recommandé au reste du groupe de regarder, de noter les prix et de réserver les achats pour notre retour à Istanbul dans 10 jours.  Sur les lieux, nous nous séparons pour nous retrouver à la porte Örücüler (prononcer « Eurudjulère ») pour 13h00.  Louis et moi partons à la découverte mais je dois d’abord rencontrer l’un de mes contacts car j’ai une grosse commande de costumes à lui remettre.

Nous nous retrouvons à l’heure prévue et j’éclate de rire.  Mes élèves et Conrad ont tous d’énormes sacs remplis de toutes sortes d’achat.  Ils n’ont pu résister!  Nous revenons porter tout ça à l’hôtel en passant par le Bazar Égyptien où les multiples odeurs d’épices nous chatouillent les narines.

Mon mari et moi avons rendez-vous avec M. Kaya, (une personne rencontrée lors de notre premier voyage, en 2004) au pied de la fontaine du Kaiser allemand Guillaume II de l’ancien Hippodrome situé tout près de la Mosquée Bleue.  Pendant ce temps, le reste du groupe visitera Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue.

UN « BOUM » ÉBRANLE LES FONDATIONS

Cela nous fait tout drôle de retrouver M. Kaya après deux ans.  Il n’a pas changé.  Il nous emmène voir la mosquée de Sokollu Mehmet Pasa puis une jolie petite citerne souterraine récemment découverte pendant des rénovations effectuées à un vieil hôtel.  Comme nous désirons procéder à l’achat d’un beau tapis, il nous amène dans la boutique de tapis et moquettes de l’hôtel en question.

Pendant qu’avec l’aide de notre ami turc, nous négocions le prix d’un superbe tapis, une bombe saute dans le jardin situé en face de la Mosquée Bleue.  Le bâtiment de pierres dans lequel nous nous trouvons tremble sur ses fondations et la bombe a sauté pas très loin de mes élèves de baladi qui se trouvaient entre l’Obélisque de Théodose de l’Hippodrome et ce jardin.

Ceux-ci voient des policiers et des ambulanciers arriver de partout.  Il y a trois blessés…

Après l’incident, nous nous retrouvons sur le toit-terrasse de notre hôtel, tous sous le choc.

Entre-temps, le minivan que nous avons loué vient d’arriver et M. Kaya nous aide à lire le contrat de location.  Nous n’avons pas vraiment le temps de nous arrêter et de penser mais je n’éprouve aucune peur.

Nous allons souper dans un beau grand restaurant de Sultanahmet mais je commence à ne pas bien me sentir.  Louis me raccompagne à la chambre et, après une bonne douche, je m’étends sur le lit, toujours nauséeuse (le décalage horaire se fait sentir).  Je devais aller voir les derviches tourneurs dans un monastère mais je préfère me reposer.  Tout le groupe part avec Louis.  Ils sont allés au même endroit que nous avions déjà visité il y a deux ans.

… à suivre

Bonne semaine ! Aïcha 🙂