LA DANSE ORIENTALE… THÉRAPIE DU VIOL

POURQUOI PRENDRE DES COURS DE BALADI ?

Un jour, je demande à mon groupe de débutantes en danse du ventre : « Qu’est-ce qui vous a motivé à suivre un cours de baladi? »

Une dame, âgée d’une trentaine d’années, me regarde et me répond : « Bien moi, j’ai été violée et je veux me réapproprier mon corps et apprendre à m’aimer ! »  De le dire ainsi à haute voix, devant toutes les autres élèves, venait de consolider son objectif.

La première session fut difficile pour elle.  Le cours se déroule devant un miroir et nous devons examiner des parties bien précises de notre corps, pendant que nous les bougeons, souvent de façon insoupçonnée.  Souvent, cette jeune femme arrivait chez elle en pleurant car elle ressentait une peur à découvrir ce corps qu’elle détestait tellement.

L’APPRÉHENSION LAISSE PLACE À LA FASCINATION

Puis, lentement l’appréhension s’est estompée pour faire place à la fascination.  Durant la deuxième session, nous avons débuté une chorégraphie avec un voile.  Là, la grâce, l’élégance et la beauté furent au rendez-vous.  Elle adorait danser avec son voile.  Enfin, elle se sentait féminine, sensuelle et libre.

Lorsqu’elle décida de présenter sa chorégraphie en spectacle, avec son groupe, elle le fit avec tellement de confiance en soi, de grâce, de douceur et de paix que les quatre membres de sa famille, venus la voir, se mirent  à pleurer.  Ils assistaient à sa renaissance, enfin.

Elle venait de se découvrir, telle qu’elle était, c’est-à-dire  grande et magnifique.

Ne vous laissez pas démolir par le viol.  Danser est une thérapie en soi.

Venez me rencontrer…  Je suis là pour vous, Aïcha XX

NAGWA FOUAD

Continuons sur la lancée des grandes danseuses orientales des années 70-80.

Née en Égypte, en 1943, une jeune femme nommée Awatef Mohammed El Agamy débute la danse à 15 ans, dans des clubs comme le « Sahara City » et l’Auberge des Pyramides » .

Outre la danse orientale, elle possède dans son bagage, de la danse classique et contemporaine, des claquettes, du jazz, en plus d’être une actrice.

Elle jouera d’ailleurs dans plus de 60 films entre 1957 et 2014.

En baladi, elle suscite rapidement l’admiration du public et des musiciens car elle aime intégrer des éléments de surprise dans ses prestations.

Elle sera mieux connue sous le nom de NAGWA FOUAD.

Avec ses prestations, on commence à remarquer un changement dans les mouvements et rotations des mains et des poignets.  Elle apporte un grand raffinement à la danse orientale par ses gestuelles magnifiques.

Plusieurs chansons seront composées en son honneur:  Amar Arbaatasher, Naasa, Mashaael, Ali Loze et Shick Shak Shok.

 

QUE M’EST-IL ARRIVÉ ?

FAMILLE DE DANSEURS…

Je viens d’une famille de danseurs.  Très jeune, j’ai connu le monde de la compétition.

J’ai vu les champions du monde en danse sociale, 13 fois invaincus !!!  Toute ma vie, j’ai été élevée dans un univers où la perfection était le but.

Quand j’ai fondé l’Académie de Danse Orientale de Québec, en 2004, je désirais un endroit où les cours de danse du ventre seraient enseignés de façon sérieuse, tout en ayant un plaisir fou.

L’Académie est rapidement devenue un chef de fil en matière de danse baladi.

Afin de rendre les honneurs à cet art, trop souvent dénigré, j’ai été l’agent déclencheur à la fondation de l’Association Québécoise de la Danse Orientale (AQDO), en 2005.

LES SYMPTÔMES APPARAISSENT…

Puis, en 2010, apparaissent des symptômes intenses, auxquels je ne suis pas habituée, étant dotée d’une santé solide.

19 mois plus tard, en 2012, j’apprends que je suis devenue gravement électro-hyper-sensible.  Cela veut dire que mon corps réagit à la présence des ondes électromagnétiques, des radio-fréquences et des champs électriques…

Comme il y en a partout (Wifi, cellulaires, montres Fitbit, tours de télécommunications, etc…), je me demande rapidement si j’ai ma place ici, en ce bas monde.

Pour me protéger, je dois faire blinder ma maison et mon école contre ces ondes.

Plus jamais, je ne pourrai sortir de chez-moi pour aller au resto, au cinéma, magasiner, voyager…  Tout cela, c’est fini…

SURTOUT NE PAS SE LAISSER ABATTRE

Passé le premier coup qui m’a jetée par terre, je décide de me relever et de ne pas me laisser abattre.  À chaque problème, sa solution.  Heureusement, je suis munie d’un grand sens de la créativité.  Je décide de le mettre en œuvre pour arriver à fonctionner dans la vie, malgré ces limitations.

L’Académie est vite devenue un endroit sain, protégé et permettant le dépassement de soi.  Si moi, je peux me relever, vous le pouvez aussi.

Passez une excellente journée!  Aïcha XX

DANSE ORIENTALE OU DANSE DU VENTRE ?

HOLLYWOOD N’AIDE PAS LA CAUSE

Il est vrai que les séquences cinématographiques présentées dans plusieurs films occidentaux n’aident pas à démystifier, ni à ennoblir cet art méconnu, ou mal connu.

En effet, presque tous ont en mémoire une production où une «danseuse du ventre» émoustillante, termine son numéro en s’affalant sur les genoux d’un spectateur, tout en lui présentant sa gorge, presque nue, sous le nez.

Il y a de cela quelque temps, la danse orientale, mieux connue sous l’appellation  « baladi », a fait le sujet d’un reportage dans une émission d’humour sur le sexe.

La façon dont cet art millénaire a été abordé ne faisait qu’aggraver la fausse impression qu’en ont la majorité des gens.

On y voyait une «danseuse», dont le visage était voilé, faire des vibrations avec ses hanches pendant qu’un homme lui tapait sur les fesses.

La séquence suivante nous montrait un couple, composé de la danseuse et d’un soi-disant élève, debout et mimant la copulation!

Quelle insulte pour toutes les danseuses s’adonnant à cette discipline avec le plus grand des sérieux.

UNE DANSEUSE ORIENTALE N’EST PAS UNE DANSEUSE NUE ! 

La danse orientale doit surtout sa mauvaise réputation à l’incompréhension occidentale à l’égard de la culture orientale.

Remontons dans le temps et imaginons des voyageurs, venant d’un pays où il était honteux et vulgaire de montrer un pied et une cheville.

Dans leurs pérégrinations, ils eurent le loisir de pouvoir observer des femmes orientales célébrant la vie en dansant tout en bougeant leur bassin, leurs hanches et leurs épaules.

Imaginons le choc subi par ces hommes et la perception qu’ils eurent de cette danse.

Il n’est donc pas étonnant qu’il s’en soit trouvé pour décrire cette « danse du ventre » comme étant des appels à la sexualité et à la luxure.

La danse orientale est un art, tout comme le ballet classique, mais combien plus vieux.

Ses premières origines connues sont situées en Égypte où l’on a trouvé des hiéroglyphes représentant des prêtresses exécutant des danses sacrées dans les tombeaux des pharaons.

Je pense sincèrement que l’appellation «danse du ventre», cette façon commune de désigner cet art ancien, le ramène à une caricature réductrice relevant de l’ignorance des gens, tandis que la dénomination «danse orientale» lui confère une image respectueuse plus objective.

Parlons-en donc en la nommant danse orientale ou baladi.

Bonne journée tout le monde!  Aïcha 🙂