Danser son deuil…

Danser sa tristesse

Je danse depuis l’âge de 14 ans.  C’est dire que cela fait longtemps et que c’est largement devenu une habitude de vie.

Au-travers toutes ces années, comme tout le monde, j’ai traversé des moments magnifiques et des périodes difficiles.

Quand on avance en âge, on perd de plus en plus de gens autour de nous.

Chaque fois que j’apprends  le départ d’un proche vers d’autres cieux, je pleure mais…  je me mets à écouter de la musique et je danse.

Bien sûr, le choix de la musique n’est pas gai et je pleure tout au long de ma prestation mais cela m’aide…

Je pense que je vis mon deuil de cette façon…

Exprimer ce que l’on ressent avec des mouvements…

Je peux exprimer ce que je ressens sans avoir à parler et cela me fait un bien fou.

La danse orientale (danse du ventre, baladi) est un mode d’expression.  Elle peut aider les personnes qui ont de la difficulté à  formuler leur ressenti.

La danse devient alors une thérapie bénéfique nous permettant de continuer notre chemin.  Je ne peux imaginer ma vie sans cet art.

Si vous souffrez, n’hésitez plus, inscrivez-vous et venez danser avec nous !  Aïcha 🙂

BALADI et accouchement

Danser enceinte ?

Saviez-vous que la danse orientale comporte un mouvement qui apaise la douleur de l’enfantement et qui permet l’ouverture des os du bassin ?

C’est tellement vrai, que lorsque j’ai commencé à danser, dès qu’une femme orientale se savait enceinte, elle prenait des cours de baladi.


Tout en bas de la colonne vertébrale, existe un petit os triangulaire qu’on appelle le sacrum.  Cet os a le pouvoir de se retrousser vers l’arrière, juste avant l’accouchement, de façon à ménager un espace plus grand pour le passage du bébé.

C’est dire qu’il est mieux de ne pas accoucher sur le dos mais assise ou accroupie.

Quand nous exécutons la figure huit horizontale, nous favorisons cette action.

La figure huit horizontale… quel soulagement !

Quand je suis arrivée à la Maison des naissances, pour l’accouchement de mon petit dernier, je ne pensais pas du tout : « Je vais danser le baladi! »

Pourtant, spontanément, dès que les douleurs ont augmenté, je me suis mise à faire des figures huit verticales et, cela m’a véritablement aidé à soulager mes souffrances.

Ce mouvement est extrêmement facile à apprendre et je l’enseigne dans le premier niveau.

Bercer l’enfant…

Dans mes cours, j’ai régulièrement une dame enceinte, parmi mes élèves.  Au moins une par année mais souvent, elles sont plusieurs…

Et rien n’est plus beau que de les voir danser avec leur ventre rond car elles bercent déjà leur enfant…

Alors, bienvenue aux dames enceintes!  Aïcha 🙂

Faire partie de la troupe

Rencontre à tous les jeudis.

La troupe et moi, nous rencontrons à tous les jeudis soirs afin de pratiquer les chorégraphies sur lesquelles nous travaillons.

Faire partie d’une troupe implique une démarche de grande humilité car il faut absolument penser en fonction du groupe.

Oublié le « je, me, moi »… 

Tous les membres doivent s’évertuer à se fondre dans le lot et à ne rien faire qui les distingue du lot.  Les filles doivent s’appliquer à répéter les mêmes gestes en s’accordant au style même de la danse.

Tout le monde en même temps!

Faire partie de la troupe demande la sagesse d’être en mesure de s’effacer devant les autres.  C’est ce qui fait leur force.

Se concentrer sur LE groupe.

Les filles apprennent à s’aimer, à se respecter, à se comprendre, à s’entraider, à ne pas juger…

En fait, la troupe regroupe toutes les valeurs de l’Académie qui sont : le non-jugement, le respect, la rigueur, l’entraide et l’empathie.

Les membres du groupe forment une belle petite famille et je les aime comme mes enfants.  Aïcha 😉

L’araignée

APPRENDRE À SE FAIRE CONFIANCE

Apprenez à ne vous fier qu’à vous-même… Faites-vous confiance…

J’ai remarqué que, souvent, quand un groupe présente une chorégraphie, celles qui se pensent moins bonnes pratiquent avec acharnement tandis que celles qui ont de la facilité travaillent moins fort, car plus confiantes en leurs capacités.

Résultat ?  Au jour J, les élèves ayant moins pratiqué, se trompent tandis que celles qui rataient souvent leur coup, réussissent leur numéro, haut la main!

Le problème ?  Celles qui seraient parvenues à une chorégraphie sans faute, n’y arrivent pas parce qu’elles ont douté de leurs aptitudes.

Parce que durant la prestation, l’élève ayant le moins pratiqué se fourvoie.  Comme habituellement, elle ne le fait pas, celle qui a tellement répété et qui, maintenant, connaît la routine sur le bout de ses doigts,  AURAIT RÉUSSI du premier coup,  MAIS doute soudain de ce qu’elle s’apprête à faire et suit inévitablement l’autre dans sa déroute et TOUT LE MONDE S’EMBOURBE.

UNE GROSSE ARAIGNÉE, NOIRE, TOUTE VELUE…

Je faisais partie de la troupe de danse de mon professeur, Nagwa.  Nous passions une audition dans un restaurant.  En pleine soirée, parmi une multitude de clients, nous avions à présenter un petit spectacle.  Nagwa m’avait mise en plein centre du groupe, afin que je serve de repère à toutes.

Pendant que nous exécutions un numéro, que je savais par cœur, une araignée, noire et velue, presqu’aussi grosse que la moitié de ma main…, en fait, assez grosse pour que je la vois venir de loin, s’est avancée vers la piste de danse.

Horrifiée, je ne cessais de la fixer au point de me mettre à danser n’importe comment.  Vous imaginez la débandade produite dans le groupe ?

Inutile de préciser que nous n’avons pas obtenu le contrat!

LA LEÇON

Nous venions d’apprendre une belle leçon : se faire confiance et danser sans s’occuper des autres car, dans cette aventure, celle qui se trompait tout le temps, avait entrepris le bon enchaînement pour stopper net devant la réaction du reste du groupe.

Il ne faut jamais avoir à se dire ensuite : « Et dire que j’étais correcte!  »